Communiqué 2026/07

Rompon – Association de l’Offrande Musicale.

Chers amis des concerts de Rompon,

Quels beaux concerts avons-nous vécus en cette fin juillet ! Et quel bel hommage aura ainsi été rendu à notre ami Robert Thuillier- flûtiste, trop tôt disparu en décembre dernier – au travers de ces œuvres profondes du répertoire romantique germanique (Schubert – Schumann) et des jeux de la flûte et du piano se mariant idéalement ! Un pur bonheur !

Notre prochain week-end de concerts aura déjà lieu :

Le samedi 8 août à 20h00, et le dimanche 9 août à 17h00.

Pour ce week-end, le programme tout entier sera consacré à l’univers de Johann Sebastian BACH. Et c’est un très cher ami des musiciens de la région de Genève, déjà venu à plusieurs reprises à Rompon, qui nous fait l’honneur et le bonheur de sa visite : le violoncelliste François GUYE. Violoncelle solo de l’Orchestre de la Suisse Romande à Genève durant de nombreuses années, il vient cet été nous offrir son interprétation des 3 premières suites pour violoncelle solo de J. S. Bach. Interprétation riche d’années d’approfondissement, et de les avoir interprétées à maintes et maintes reprises.

Les suites pour violoncelle seul ont été composées entre 1717 et 1723, alors que Bach est maître de chapelle à la cour du prince Leopold d’Anhalt-Köthen et dans une période plutôt heureuse de sa maturité (Il est alors trentenaire). Le prince est fin musicien et attentionné et Bach a toute latitude pour écrire de la musique instrumentale. Durant cette période, il écrira nombre de chefs-d’œuvre (sonates, partitas, suites, Clavier bien tempéré, les 6 concertos brandebourgeois,…).

De la même façon que lorsque l’on parle de « Klavier » chez Bach, cela peut être l’orgue, le clavecin ou bien encore le clavicorde, il existe le même type de doute sur l’instrument exact pour lequel ces suites ont été écrites. S’il est évident qu’il s’agit d’une basse de violon, accordée comme le violoncelle moderne, il se pourrait qu’il s’agisse d’un violoncello da spalla, ou Pomposa (muni de 5 cordes et qui pouvait être joué porté à l’épaule). Quoi qu’il en soit, il est fascinant de penser que Bach a composé ces pièces pour un instrument, qui a l’époque était cantonné à un rôle de soutien de l’architecture musicale, et que l’on n’aurait pas imaginé jouer seul. A-t-il eu une demande pressante de son violoncelliste ? Etait-ce le désir d’approfondir ses propres connaissances de la basse de son orchestre, d’en explorer toutes les possibilités expressives, techniques, voire contrapuntiques (nombreux accords) ? En tous cas, « coup d’essai, coup de maître », ces suites pour violoncelle seul sont aujourd’hui unanimement considérées comme des chefs-d’œuvre absolus, où la forme, l’équilibre, l’épure, et l’expressivité nous entrainent dans un univers onirique, le fil de la pensée même de Bach. Elles peuvent être vécues comme une véritable expérience méditative.

Sur le plan formel, Bach reprend le schéma classique de la suite de danses (issue de la suite de danses à la française), avec ses 4 danses « obligatoires » : Allemande, Courante, Sarabande et Gigue. Il y rajoute un prélude, ainsi qu’une « galanterie » double : menuet I et II, ou bourrée I et II (galanterie : terme de l’époque, ce qui équivaut à danse légère).

Il est frappant de noter que, bien que ces pièces soient simples en apparence – un seul instrument, la pensée musicale soutenue souvent par une seule voix, des pièces relativement courtes, des formes claires – Bach y tutoie des sommets musicaux sublimes : grandeur et force expressive, émotion, introspection, beauté et équilibre, …

Un très beau programme qui nous emmènera en même temps sur les plus hauts sommets et au plus profond de nous-mêmes !

Nous vous y attendons nombreux, et toute l’équipe de l’Association de l’Offrande Musicale se réjouit de vous accueillir à la Chapelle du Vieux Rompon et de partager en votre compagnie ces moments musicaux sublimes ainsi que le verre de l’amitié à l’issue du concert.

Michel Westphal, pour l’équipe de l’Offrande Musicale


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